La question inattendue de ma fille a changé nos plans pour la fête des pères.

Durant notre séjour, toute mon attention était portée sur Lily. Le choc qu’elle avait subi était relégué au second plan. Elle avait besoin de stabilité, pas de chaos. Nous avons conservé nos rituels quotidiens tels qu’ils avaient toujours été : des histoires tous les soirs, nos chansons rigolotes pendant le brossage des dents, et nos samedis crêpes dégoulinantes de sirop, dans une cuisine emplie de rires. Ces moments peuvent être particulièrement bénéfiques pour les adultes.

Un soir, alors qu’elle se glissait dans mon lit sous sa couverture utilisée, elle m’est apparue et m’a demandé si j’étais toujours son père. Sa voix tremblait légèrement. La réponse venait du plus profond de moi, quelque chose qui transcendait la fierté, la peur, même la douleur de la séparation. Je lui ai dit « oui », et pas seulement « oui pour l’instant », mais « oui pour toujours ». À cet instant, quelque chose s’est produit qui ne pourra jamais être exprimé par des mots. La paternité ne se fonde pas sur la biologie ni sur des choix parfaits. Elle se nourrit de la survie, des conséquences, et d’une émergence immédiate, l’émergence de la présence éternelle.